pere-fils2de Larry Brown, traduit de l’américain par Pierre Ferragut.
Ed. Gallmeister (collection de poche : Totem) 410 pages, 11 €.

Larry Brown (1951 – 2004) est né et a vécu dans le Mississippi. Il a été bucheron, peintre en bâtiment, droguiste, pompier pendant 17 ans avant de se consacrer uniquement à l’écriture. Il a notamment publié : Sale boulot ; Fay ; L’Usine à lapins ; Joe. Tous de grands romans noirs. Mon préféré, peut-être parce que c’est le premier livre que j’ai lu de Larry Brown, reste Père et fils.

Glen Davis rentre au pays après avoir passé trois ans en prison pour avoir tué en voiture un enfant qui traversait. Conduite en état d’ivresse. Comme si tous n’étaient pas plus ou moins ivres dans ce sud des Etats-Unis écrasé de chaleur où seule la bière procure une sensation de fraîcheur.

Glen n’a pas laissé sa haine en prison. Il méprise son père Virgil qui n’a même pas fait mettre une pierre tombale sur la tombe de sa mère. Quant à Jewel qui l’a attendu tout ce temps avec l’enfant qu’il lui a fait, malgré tout le désir charnel qu’il éprouve pour elle, pas question de l’épouser. Le mariage c’est pas son truc. Mais pas question non plus que Jewel se laisse séduire par Bobby, le shérif, un brave garçon, copain d’enfance de Glen, aussi droit que Glen est tordu.

Le drame se noue…

Une histoire de bruit et de fureur, de passions, de secrets de familles enfouis qui éclatent et font des ravages, dans la chaleur du sud profond des petits blancs. Remarquablement construite.

N.B. C’est plus qu’un polar c’est un grand roman tout court qu’Angelo Rinaldi (Nouvel Observateur 14-20 février 2002) a qualifié de divine surprise. Quant à Michel Abescat (Le Monde 11 juin 1999) il concluait ainsi sa longue colonne consacrée à Père et fils : Brutale et nue (la fin) a les qualités du livre tout entier. L’évidence et la puissance de ce qui restera comme un des chefs-d’œuvre de ces dernières années.

Oui, chef-d’œuvre, le mot n’est pas trop fort. Un grand merci à Gallmeister de l’avoir remis en lumière dans une collection de poche – il avait été publié chez Gallimard dans «La Noire» puis en «Folio».