de Ron Rash et Traduit de l’angalis (Etats-Unis) par Béatrice Vierne, aux éditions du Masque, 20.90€

Pour George Pemberton, riche exploitant forestier de Caroline du Nord, les hommes, les animaux, les rivières, les bois sont quantité négligeable. La seule chose qui compte vraiment c’est d’accroître sa fortune. Il revient de Boston où il a été régler la succession paternelle et s’est marié avec Serena. À la gare de Waynesville le comité d’accueil est composé de ses deux associés mais aussi d’une jeune fille, Rachel, enceinte des œuvres de George Pemberton, et de son père Harmon, tous les deux attentifs et silencieux. Bagarre au couteau entre Harmon et Pemberton. Harmon est tué. Serena ramasse le couteau de chasse d’Harmon et l’apporte à la jeune fille, penchée sur le visage de son père. « Tenez, dit Serena, en lui présentant le manche du couteau. Même si de droit il appartient à mon mari (…) Si j’étais vous je le vendrais. Cet argent vous rendra service à la naissance de votre enfant. C’est tout ce que vous recevrez jamais de mon mari et de moi-même ».

Parcourant à cheval les terres de son mari, un aigle qu’elle a dressé elle-même perché sur son bras droit, elle inspire crainte et respect aux ouvriers et bûcherons qui, au lendemain de la grande dépression – nous sommes en 1930 – sont traités comme des esclaves.

Le roman alterne les chapitres concernant Serena et George avec ceux décrivant la vie difficile de Rachel et de son fils Jacob.

Un roman de grande ampleur où, à côté du portrait d’une femme intrépide et redoutable et de ceux d’hommes frustes englués dans d’étranges croyances et superstitions, les thèmes de la nature brocardée, de la crise qui met sur les routes des hordes de pauvres en quête du moindre travail, de l’incessant combat entre le bien et le mal, de la vengeance, s’entremêlent, portés par une écriture imprégnée de poésie et de réalisme.

n.b. Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est titulaire de la chaire John Parris d’Appalachian Studies à la Western Carolina University. Il a écrit trois recueils de poèmes, quatre recueils de nouvelles et trois romans. Il confirme avec Serena son talent reconnu de conteur et de grand styliste découvert dans Un pied au paradis que je vous ai chaudement conseillé à sa sortie en grand format et qui est disponible en format poche.

404 pages.