sous-la-vague-02de Anne Percin
Ed. Rouergue, 208 pages, 18.80€

Bertrand Berger-Lafitte est l’héritier d’une prestigieuse propriété de Cognac. A 50 ans, il a réussi à maintenir la tradition familiale, celle de la qualité et du Made in France, au prix d’une petite concession : l’ouverture du capital à des actionnaires, tout en restant le PDG. Mais, patatrac ! En ce printemps 2011, la belle entreprise est au bord de la faillite: il vient d’y avoir la catastrophe nucléaire au Japon et l’effondrement économique qui s’en suit. Or les clients sont presque exclusivement Japonais.
Au conseil d’administration, les actionnaires veulent prendre des mesures urgentes : il faut fabriquer des produits bas de gamme, exporter la mise en bouteille pour réduire les coûts, chercher de nouveaux marchés… Mais Bertrand s’oppose à tout changement. Il se réfugie sur ses terres, coupant tout contact. Dans son immense domaine, il se retrouve avec son chauffeur Eddy, un mystérieux costaud tatoué avec lequel il entretient une étrange relation de complicité … jusqu’à ce que celui-ci l’abandonne, Il y a aussi sa fille Olivia qui est enceinte d’un ouvrier syndiqué de l’usine, autre trahison. Et ne parlons pas du complot de son ex-femme avec l’actionnaire principal ! Quant à ses gens, les ouvriers du domaine de père en fils, les voilà qu’ils manifestent à leur tour, inquiets pour leur avenir.
Et au milieu de toute cette agitation, de cet effondrement,  de ces trahisons, Bertrand reste impassible. Il est même en train de découvrir le bonheur. Il soigne un faon blessé qu’il a recueilli, symbole d’une liberté qu’il n’a jamais connu, lui qui est prisonnier de son héritage et de son éducation.
Sans avoir l’air d’y toucher, Anne Percin nous entraine dans une satire sociale pleine de rebondissements.