Tempetede Jean-Marie-Gustave Le Clézio, aux éditions Gallimard, 19.50€

« Tempête »,  malgré son titre, n’est pas un livre violent : les embruns de la mer, le regard poétique et bienveillant de l’auteur, son écriture minimaliste créent une atmosphère de lumière voilée pleine de charme.
Il s’agit en fait de 2 histoires, 2 longues nouvelles qui ont été réunies. Toutes deux concernent des jeunes filles -ah, les jeunes filles de Le Clézio ! -, en marge de la société comme d’elles-mêmes, l’une par manque de père, l’autre de mère.
Je ne vous présente que la première, ma préférée. Elle se situe sur l’île coréenne d’Udo, une île noire où les femmes plongent pour pécher des coquillages. Elle est écrite à 2 voix. Celle d’un étranger neurasthénique, hanté par un passé trop lourd, et qui revient après des années sur cette île où il avait perdu sa compagne. L’autre, c’est celle d’une gamine de 13 ans, étrangère elle aussi, mais qui vit sur l’île et se prend de passion pour cet homme qu’elle  va peu à peu apprivoiser. L’un retrouve plaisir à vivre, l’autre découvre le goût de l’amertume, un poison attirant mais qui peut être mortel.