de Duong Thu Huong et Traduit du vietnamien par Phan Huy Duong, aux éditions Le Livre de poche, 8.50€

Si vous ne l’avez pas lu en format broché, ne manquez pas ce grand roman vietnamien désormais disponible en édition de poche.
Dès les premières pages nous sommes plongés dans le drame : Bôn est revenu, Bôn qui fut le mari de Miên le temps d’un été fugace quatorze ans plus tôt, Bôn dont l’avis de décès est arrivé plus de cinq ans après son incorporation dans l’armée. Le voici, là devant Miên qui, déclarée veuve s’est remariée avec Hoan, union heureuse entérinée par le ciel et par les hommes, de laquelle est né un fils.
Elle ne peut ni ne veut quitter Hoan et pourtant elle sait qu’elle va devoir se conformer aux coutumes du village et vivre avec Bôn qui revient en héros, en combattant qui a sacrifié sa vie pour la patrie.
Une narration éblouissante pour décrire l’absurdité tragique de la destinée de ces trois innocentes victimes dans une société pétrie de principes politiques et moraux rigides. Une remarquable description de la vie quotidienne, des odeurs et des couleurs du Vietnam.
Ne soyez pas effrayé par le nombre de pages : l’intérêt est perpétuellement relancé, la traduction excellente, et l’on s’installe durablement avec un vif plaisir dans ce magistral roman.

n.b. Duong Thu Huong est née en 1947 au Vietnam. Militante, elle n’a cessé de défendre vigoureusement ses engagements démocratiques au point d’être exclue du parti communiste en 1990, avant d’être arrêtée et emprisonnée sans procès en avril 1991. Libérée en novembre 1991 elle a vécu à Hanoï en résidence surveillée jusqu’à son arrivée à Paris en janvier 2006.