de Fouad Laroui, aux éditions Julliard, 19€

Fouad Laroui est un habitué de Place aux Nouvelles depuis qu’il a obtenu le Prix de la Nouvelle du Scribe 2005 pour Tu n’as rien compris à Hassan II . En raison d’une obligation universitaire il n’a pas assisté cette année à ce festival littéraire que nous organisons à Lauzerte. Dommage car j’aurais bien aimé lui dire de vive voix tout le plaisir que j’avais éprouvé à la lecture de son récent roman Une année chez les Français, une opinion qui semble largement partagée puisque, entre autres, ce roman a figuré sur la première sélection du Prix Goncourt 2010.
Si, suivant mes recommandations, vous avez déjà lu Fouad Laroui – par exemple son autre recueil : Le jour où Malika ne s’est pas mariée – vous savez que cet universitaire qui vit depuis vingt ans à Amsterdam, après avoir dirigé une usine de phosphates au Maroc, son pays d’origine, est un conteur doué.
C’est dans le Maroc de son enfance et de sa période de directeur d’usine qu’il puise l’inspiration de ses livres. Formidable raconteur d’histoires, doté d’un sens aigu de l’observation, il dispose d’un humour impitoyable qui frise l’irrévérence mais n’exclut pas la tendresse. Il dit la vérité la plus grave sur le ton le plus léger dans un style remarquable de concision et de précision.
Identité, tolérance, respect de l’individu sont trois des valeurs qui se retrouvent dans les différentes tranches de vie de ses nouvelles.
Ici il nous raconte le choc culturel éprouvé par Mehdi, jeune élève boursier, lorsqu’il entre au prestigieux établissement français, le lycée Lyautey de Casablanca, en 1969.
C’est évidemment largement autobiographique. C’est émouvant, cocasse, drôle, très finement observé.
Quel talent !

304 pages.