Copie de l’article de Pierre Mazille paru dans la Dépêche du 19 juin 2014. Photo de DDM, Ch.L

Libraire : un métier exigeant aujourd’hui confronté à l’évolution des techniques et des supports. L’université du Mirail ouvrira à la rentrée prochaine à Montauban, une licence professionnelle formant à ce métier.

L’université Toulouse II Le Mirail ouvrira à la rentrée prochaine sur le site universitaire de Montauban, une licence professionnelle, autour du métier de libraire, intitulée «Enjeux et pratiques émergentes». Cette formation sera intégrée au département archives et médiathèque (DAM) de l’UFR «Arts et archéologie» du Mirail qui forme aux métiers des archives, de l’édition et de la documentation depuis 1993. Cette formation de libraire ne sera cependant proposée à Montauban que pour la prochaine année universitaire puisque dès septembre 2015, toutes ces formations DAM seront rapatriées sur le site universitaire toulousain. «Une bonne initiative», acquiesce néanmoins les libraires… Danielle Deloche de la librairie éponyme confie : «Nous avons besoin de gens de qualité avec un bon niveau, susceptibles de devenir des responsables».

Un métier difficile

Cette formation de libraire s’inscrit dans un contexte de mutations. Il s’agit de maintenir un équilibre économique et la place d’acteur culturel incarnée par les librairies indépendantes. Le secteur de la librairie est effectivement en pleine mutation face à l’émergence des supports numériques et à l’activisme d’acteurs de la vente internet comme Amazon qui domine le marché.

La Licence Professionnelle «Librairie : enjeux et pratiques émergentes» vient donc compléter l’offre déjà déployée au sein du DAM en direction des métiers du livre et de la documentation ; Elle consolide ainsi la structuration de la filière du livre (édition, bibliothèque, librairie). Le territoire de Midi-Pyrénées compte une forte densité de librairies où le label LiR (librairie indépendante de référence) a été accordé à 27 établissements dont trois sur Montauban (Deloche, La femme Renard et le Bateau livre).

L’inévitable tournant du numérique

Cette formation universitaire est-elle la bouée de sauvetage des libraires «qui font un métier difficile avec beaucoup de pression» ? La responsable de la librairie Deloche, neuf salariés et 42 000 références, plaide cependant pour la formation continue afin d’appréhender les facettes d’un métier qui n’a pas dit son dernier mot face aux tendances du moment : «On a des atouts, le conseil, le choix, la convivialité du lieu», soutient Danielle Deloche qui comme ses collègues, pèse l’impérieuse nécessité de prendre le tournant de l’internet. Puisse cette nouvelle formation universitaire de libraire offrir à la profession, les compétences et la vision indispensable à son maintien économique et aux nouveaux paradigmes culturels.

P.Mz