tempete02de Hubert Mingarelli, aux éditions du Sonneur, 8€

La tempête est là, sur le port. Celui-ci ou un autre, qu’importe. D’ici ou d’ailleurs, les solitudes sur les quais déambulent de la même manière, s’évitent, se frottent, se quittent. Ont-elles jamais existé qu’elles sont déjà des ombres, des fantômes. Il y a ceux qui renoncent, ceux qui s’accrochent. Le narrateur d’Hubert Mingarelli est de cette trempe-là. Ici, il n’est pas venu défier les éléments, la nuit et l’océan qui se confondent, la pluie qui tombe avec rage, rince tout ce qu’elle peut, les docks, les corps, les âmes. Il est là pour écrire, mettre des mots sur une histoire, affronter la sienne peut-être, faire face, trouver une issue, un sens. Cette nuit de tous les déluges, il va mettre au monde un personnage de roman, celui que l’auteur porte en lui, à qui il se doit de donner vie. Coûte que coûte. C’est le prix de l’écriture — errance, acharnement et pour finir, une naissance.
Avec une tendresse infinie, Hubert Mingarelli prend par la main son narrateur, l’accompagne sous la tempête, le malmène, le protège, lui éclaire le chemin hasardeux de l’écriture. À coups de silences et de foudres, de phrases suspendues comme hors du temps, hors du monde, Hubert Mingarelli se livre, se délivre. Il dit ce que la vie signifie pour lui : une lutte, une main tendue à toutes les histoires qui font les hommes.