de Alain Chany,
Ed Olivier, 192 pages, 12,90 €.

Vessies_et_lanternes02« J’habite maintenant dans un pays où la terre est maigre et le squelette apparent. L’hiver y est long, l’été sec, les saisons intermédiaires se résumant à quelques jours où tout éclate – c’est le printemps – et s’abolit en noir et blanc – c’est le froid. Quelques paysans réfractaires s’y dessèchent et gèlent sur pied ; moi-même j’y fais le sphinx et la momie. »

En 1972, Alain Chany (1946-2002) publie son premier roman, L’Ordre de dispersion. Ce texte devient vite le livre-culte d’une génération flouée par l’après-Mai 68 : son héros passe au crible, avec un humour désenchanté, tous les discours d’émancipation politique. L’auteur, lui, se retire dans la ferme
familiale de Haute-Loire.
Vingt ans après, il reprend la plume et publie Une sécheresse à Paris, où la célébration lyrique de la nature côtoie l’évocation nostalgique de Paris. Autant de confidences, de vagabondages, d’aphorismes arrachés au silence et à la solitude, qui signalent la résurrection d’un écrivain.

Outre le texte intégral de L’Ordre de dispersion et d’Une sécheresse à Paris, Vessies et Lanternes comporte un inédit, Le Cirque d’hiver, ainsi qu’une postface de Gérard Guégan.