victor-hugo-vient-mourir2de Judith Perrignon, aux éditions L’Iconoclaste, 18€

« Victor Hugo vient de mourir » Ce sont les derniers mots du rapport de police écrit à 13h30, ce 22 mai 1885. Dix jours plus tard viendront les funérailles nationales, depuis l’Arc de triomphe voilé de noir jusqu’au Panthéon repris à l’Église par la République. Paris est pris de fièvre.

L’agonie de Victor Hugo avec la foule immense, les crieurs de journaux, la police, les espions qui signent leur rapport d’un chiffre – on suivra ainsi « 23 » – les proches, les autorités qui se pressent à son chevet. Les socialistes, les libres penseurs, les anarchistes qui convoquent déjà des réunions. Le clergé très inquiet. L’évêque Freppel est venu depuis Tours pour rallier le poète à la religion catholique, il est reparti bredouille et furieux sans même avoir approché le mourant.

Judith Perrignon écrit le récit de ces folles journées. Elle passe du huis clos au grand jour, de l’individu au collectif, de l’intime à l’idéologie, avec une écriture ciselée, juste, vibrante. C’est haletant, ça se lit comme un polar, on est emporté par ce récit comme par la foule.

Par l’auteur de L’Intranquille avec Gérard Garouste (L’Iconoclaste, 2009), Les Faibles et les Forts (Stock, 2013), Prix du lycée Michelet 2015, Et tu n’es pas revenu avec Marceline Loridan-Ivens (Grasset, 2015)