de Max Genève, aux éditions Serge Safran, 19.50€

Les trames de ce roman de Max Genève sont si habilement mêlées qu’on redoute, en tirant un fil, de défaire toute la tapisserie. Essayons en partant du titre : les virtuoses, ce sont le cinéaste de la vieille Europe Peter Waltman et la violoniste américaine Frederika Murray, sur laquelle il doit réaliser un documentaire. Alors, une histoire d’amour qui fait se reconnaître ces deux solitaires maladroits, entre passion de l’art et rudes réalités économiques ?

Pas si simple : le caméraman de Peter est assassiné dans son chalet tyrolien -ensemble ils aimaient bien aller titiller quelques extrémistes du Moyen-Orient dont le nom ne disait encore rien à personne. Et bientôt c’est l’ex-mari de la sœur de Frederika qu’on retrouve mort au Mexique. Les polices allemandes et américaines perturbent un peu leur intimité…

Et puis les sept villes des Etats-Unis qui servent de théâtre aux sept parties du roman disent assez la fascination inquiète de l’auteur pour ce pays.

Passion, terrorisme et USA : tout est en place pour le final, le 11 septembre 2001.

Les jeunes éditions Safran font là le choix du retour au romanesque, et c’est avec un grand plaisir que nous lisons ce livre trans-genres qui se joue avec esprit des cadres du roman policier, du roman sentimental et du roman urbain.